Le rôle et l'action du médecin du travail sont essentiels dans la recherche de solutions adaptées pour l'insertion et le maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés, et inscrits dans la loi sur la Médecine du Travail (art R 241 CT et suivants).
Le médecin du travail est le conseiller du chef d'entreprise, des salariés, des représentants du personnel en ce qui concerne notamment l'amélioration des conditions de vie et de travail dans l'entreprise, et l'adaptation des postes, des techniques et rythmes de travail à la physiologie humaine. Le Médecin du Travail est habilité à proposer des mesures individuelles telles que mutation ou transformation de postes, justifiées par des considérations relatives à l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des travailleurs. Les travailleurs handicapés font l'objet d'une surveillance médicale particulière de sa part.
Quand intervient-il ?
Lors de l'accès à l'emploi d'une personne handicapée: si le handicap n'est pas connu, il peut être dépisté lors de la visite d'embauche par le médecin du travail. Ce dernier peut être conduit à inciter le salarié à se rapprocher de la MDPH en vue de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, et établir à sa demande le certificat médical descriptif du handicap.
Il appartient au seul salarié demandeur de ce document d'en faire usage auprès de la MDPH. Le respect du secret médical joue pleinement.
Lors d'une visite de reprise ou de pré-reprise après maladie ou accident, le médecin du travail peut reconnaître ou prévoir une inaptitude au poste préalablement occupé, avec nécessité d'un aménagement ou d'une mutation de poste. Là aussi la personne sera orientée. Il est indispensable de maintenir un lien avec le salarié pendant les périodes d'arrêt de travail. Ce lien permettra si nécessaire la prise en compte la plus précoce possible de sa nouvelle situation et, par conséquent, garantira les meilleures conditions de reprise d'activité.
Enfin, à tout moment, une personne déjà reconnue travailleur handicapé peut voir son handicap s'aggraver ou son poste de travail habituel modifié.
Dans toutes ces situations, le médecin du travail s'inscrira dans une démarche de compensation du handicap.
Le salarié demeure l'acteur principal de son emploi et de son reclassement, c'est avec lui que l'on va aborder son reclassement éventuel, à partir de ses aspirations de ses préoccupations et ce, le plus précocement. La démarche de la personne handicapée est souvent délicate et difficile à assumer, il lui est nécessaire de se reconnaître handicapée et de demander aux autres de reconnaître son handicap, ce qui, au-delà de l'aspect psychologique, demande des démarches administratives parfois longues et difficiles.
Le médecin du travail évalue les capacités (motrices, sensorielles, mentales) de la personne handicapée, grâce à l'examen médical réalisé lors des visites. Il peut recueillir d'autres éléments : apprentissage acquis, motivation, environnement socio-familial de la personne handicapée, évolutité du handicap...
Il étudie également le poste de travail, les postes potentiels et leurs contraintes: outils de travail, environnement physique, rythmes et organisation du travail, accessibilité à l'entreprise, au poste de travail, risque d'accident...
A l'issue de ce double bilan, les écarts entre les exigences du poste et les aptitudes de la personne handicapée sont bien cernés. L'adaptation du travail à la personne handicapée est alors réalisée.
Enfin, une fois l'insertion et le maintien dans l'emploi réalisés, le médecin du travail, par le suivi médical de la personne handicapée et par son activité en milieu de travail assure le contrôle et le suivi de la situation à cours, moyen et long terme. Il formalise la validation de l'aménagement par le biais de la fiche d'aptitude. Toute remise en cause du maintien, quelle qu'en soit la raison, implique une nouvelle alerte donnée par le médecin du travail et le montage d'un nouveau dossier.
Il veille à ce que soient dispensés aux assurés sociaux les meilleurs soins au meilleur coût.
Il assure l'application de la législation et les contrôles qu'elle prévoit.
En cas d'arrêt de travail d'une durée prévisible de plus de six mois dû à un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT-MP), le médecin conseil étudie la situation médicale de votre salarié avec son médecin traitant. Pendant l'arrêt de travail, il se prononce notamment sur sur la reprise à temps partiel, la validité des prescriptions d'arrêt de travail, la prise en charge de soins après consolidation, la date de guérison ou de consolidation, la rechute éventuelle et le taux d'incapacité permanente dont reste atteint votre salarié.
Il recueille l'avis du médecin du travail lorsque les séquelles dues à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle sont susceptibles de rendre votre salarié inapte à exercer sa profession.
Il assure également la régulation de l'offre et de la consommation des soins par une politique de bon usage des soins et de maîtrise médicalisée des dépenses de santé.
Il a 3 missions essentielles en matière de handicap : d'information, d'orientation et de prévention.
Son rôle est, bien sûr, d'informer ses patients. et notamment, il est très important dans l'acceptation du handicap. Dans tous les cas les conditions d'annonce d'une déficience ont un impact majeur sur la personne concernée et son entourage.
Le rôle du médecin est primordial également dans l'orientation vers les structures spécialisées.
Enfin, le médecin traitant joue un rôle essentiel dans la détection précoce des situations d'inaptitude en informant ses patients et en les incitant à contacter leur médecin du travail pendant l'arrêt de travail lorsque l'importance ou la nature des séquelles laisse envisager des difficultés de réintégration dans l'ancien poste.
A ce titre, pour les salariés en arrêt de travail le médecin traitant peut également les informer utilement sur la visite de pré-reprise. En effet, si le médecin (traitant ou conseil) ou le salarié a un doute quant à la faculté du patient à reprendre son poste de travail à l'issue de son arrêt de travail, il est pertinent de solliciter une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail. La demande doit être effectuée le plus tôt possible, dès lors que l'état de santé du patient/salarié permet d'envisager une reprise, et que le salarié est prêt à préparer son retour à l'emploi. Cette visite permet au médecin du travail d'étudier les conditions de la reprise d'activité et d'envisager les solutions adaptées avant tout avis d'aptitude (mutation, mi-temps thérapeutique, formation, aménagement de poste...).
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